Claude & Storz sont les noms de mes deux parents. Le & en or au milieu c’est moi.

Je rêve de porter une armure de super héros qui me protège.

Né dans un milieu très modeste, je grandis à Villeneuve la Garenne. Mon aire de jeux, c’est une cité de 350 mètres de long sur 8 étages. J’adore y faire des chasses à l’homme avec mes copains. C’est ma maison. J’apprends très tôt à affronter mes peurs, comme ma peur de croiser un junkie dans l’escalier, la peur de mon père. Je ne sors jamais promener mon chien sans mon faux pistolet en poche. 

En classe, je perds mon temps. Je redouble une première fois. Ma grand-tante décède et ma mère hérite de ce qui est pour nous à l’époque un petit pactole. Mes parents peuvent déménager dans une ville pavillonnaire et ma mère s’achète un cheval, l’accomplissement de sa vie. Après son travail de secrétaire elle ne rentre plus à la maison. Elle va décompresser auprès de sa peluche vivante. Avec ma soeur, nous avons la maison et la TV pour nous tout seul. 

En combat entre 2 univers.

Au collège, je suis en colère, mes cahiers ne sont que tags et dessins. Je suis happé par une dépression, après un second redoublement je suis envoyé en BEP. Mes parents ne contestent pas, ils ne veulent pas le meilleur pour moi. 

La seule personne qui reçoit de l’attention dans notre famille, c’est le cheval. Dans ma tête, cheval = amour. Je me mets à l’équitation. À la fin de chaque séance une pomme d’amour attend le cheval. À chaque fin de séance je la lui mange. Je suis jaloux d’un cheval. J’ai envie que ma mère cesse de l’aimer. Je le dresse d’une manière dont je suis le seul à connaître les techniques. Je l’entraîne et le muscle énormément, il ne lui obéit plus. J’ai réussi, elle a peur de son cheval. On se dispute, j’arrête l’équitation. Il a gagné sa pomme.

J’ai 16 ans, je veux réécrire ma vie.

Je rêve devant l’émission Capital d’Emmanuel Chain qui présente des personnalités venant de nulle part réussir, accomplir leurs rêves. J’ai envie d’être comme eux. Au lycée, en face de mon BEP, je vois des enfants qui viennent d’un univers qui me fascine. Ils parlent plusieurs langues, passent leurs vacances à l’étranger et se font déposer le matin par leurs parents. Je décide de devenir le meilleur élève de mon BEP et je rejoins le lycée d’en face, en filière générale.

La mode m’a sauvé.

Un week-end à Londres, je découvre un artiste qui dessine, tague, découpe des jeans! Sur le moment je pense qu’il est fou, Il utilise des jeans neufs et il les malmène. Je le regarde faire, tout semble logique et facile. Je ressens du plaisir en le voyant faire, je suis émerveillé. Il est libre, guidé par ses émotions. Je comprends sa vision du beau. Le résultat c’est la transformation d’un jean en une œuvre d’art.  De retour chez moi, je m’installe dans mon « atelier d’artiste » -ma chambre au sous-sol de notre maison qui est accessible par un débarras-, je travaille sur un jean brut pour me rendre unique et fort. Je le porte et le regard des autres sur moi vient de changer. Le mien aussi ! Ma nouvelle apparence dérange à la maison, je reçois énormément de critiques de mon père. Il essaye de me briser mais l’armure que j’ai conçue résiste même aux coups de poings et de ceinture. 

Soigner les autres pour guérir ses propres blessures

Je n’ai que mes mains pour m’offrir ma success story comme dans Capital. Le BAC en poche, je mets la mode entre parenthèses et je m’inscris dans une école d’ostéopathie. Comme je n’ai pas de quoi payer je propose au directeur de me charger de la communication et du développement de l’activité de sa clinique contre des études gratuites. Il accepte.

Etre ostéopathe, ça a été une thérapie. Un patient qui rentre, doit ressortir en m’aimant pour avoir réussi à le soulager. Je veux être celui qui sauve, qui change leur vie. Je me spécialise dans les tendinites et les capsulites rétractiles. Pour les soigner rapidement je vais dans la douleur pour créer du mouvement là où le corps s’est figé. Je puise mon énergie vitale dans les douleurs du patient et les miennes. Le plus satisfaisant c’est lorsque la douleur disparait. Je suis le starter de ces mouvements physiques et émotionnels. C’est pour çà que je soigne ! Les patients se déplacent du monde entier pour venir me voir. Des gens pleurent dans mes bras, je me sens sauveur, je les amène à se dépasser. Mais dans un coin de mon coeur il y a la mode. 

Le Polo est venu à moi.

Un soir à un vernissage, je rencontre Jérôme un joueur de polo, nous devenons immédiatement ami. Dès le lendemain il m’initie au polo. Je monte l’un de ses chevaux et j’ai l’impression d’avoir 7 ans. Je retrouve mon aire de jeux d’enfant, je suis un chevalier avec une épée ou plutôt un maillet entre les mains. Une chasse à la balle sur 300m de long, des accélérations sur un bolide à 4 pattes, le sol qui vibre, les cris, pousser un adversaire pour avoir la balle et mettre un goal. C’est violent et exaltant.

Je suis mordu, je pars m’entraîner en Argentine, mon fils est conçu là-bas. 

Jouer au polo m’inspire. Entre deux patients, je dessine des armures puis je les réalise. Claude & Storz prend vie. Un jour, je reçois en consultation Mel, un agent d’artiste. Elle m’invite à comprendre qui je suis pour découvrir pourquoi je crée. Je réalise que je fais tout par instinct, sans même pouvoir donner un sens à mes choix et mes désirs. Avec son aide, j’accepte enfin d’être traversé par mes émotions. 

J’ai une vision, inventer des armures qui changent notre monde.

Je crée une parure qui est le reflet de notre personnalité, capable de défier n’importe quelle situation. En portant cette seconde peau Claude & Storz, j’ai dépassé mes peurs. Cette armure m’a permis de me réconcilier avec mon passé, avec mes parents.

Claude & Storz me rend libre et invincible.

Aujourd’hui depuis mon appartement rive gauche je vois la Seine, la Tour Eiffel et tous les monuments de Paris. Mes terrains de jeux avec mes trois bébés et Zoé mon âme-soeur, la femme de ma vie, ce sont des terrains de polo et la Terre entière.

Pendant 37 ans j’ai cherché mon bonheur, grâce à Claude & Storz je le vis.