On me prend souvent pour un fou quand je dis que je suis capable de tout faire.

Ma devise : « Si quelqu’un en est capable, moi aussi. »

Adolescent, j’ai forgé du fer pour créer les meubles de ma chambre. Une Saint-Valentin, j’ai coulé le buste de ma petite amie dans le bronze. Pendant mes études, pour gagner de l’argent de poche, j’ai construit une maison, vendu des antiquités, lavé des voitures. J’ai appris le point sellier et les patines pour fabriquer une serviette en cuir que je ne pouvais pas m’offrir -la mienne était plus belle que l’originale-. J’ai appris à coder et à faire du référencement pour développer seul les sites internet de mon futur cabinet d’ostéopathie alors que j’étais encore en école. À peine diplômé, mon cabinet était plein. Je suis allé au Pakistan chercher du lapis lazuli pour en faire mes lampes de chevet. J’ai couru pour une inconnue après l’homme qui lui avait volé sa bague de fiançailles et me suis battu avec lui jusqu’à ce qu’il la rende. J’ai passé des sélections pour devenir astronaute et fait le tour du monde avec mes enfants en bas âge. J’ai trouvé ma place dans la cité comme sur les terrains de polo.

Je n’ai pas de limites. Mes vêtements n’ont pas le droit d’en avoir. 

Traditionnellement on joue au polo en jean blanc. Rien de plus inconfortable.

Un soir chez un ami joueur, nous discutons vêtements. Lui aussi adorerait avoir un vrai jean de polo. Je décide d’en créer un. Je l’imagine élégant avec un confort absolu, une véritable signature visuelle et de nombreux accessoires comme dans une voiture de sport.

Claude & Storz invente le jean de polo.

Je missionne un maître tailleur qui connait mon perfectionnisme. Il n’est pas confiant. La demande est extravagante, la matière n’existe pas et les détails sont sans précédent.

À l’essayage rien ne va, la coupe évoque un Jodhpur, rien ne fonctionne. J’étais prévenu. Je suis fou de rage.

De retour chez moi, je reprends les bases et j’apprends à faire un jean. Pour casser les règles, il faut d’abord les maîtriser.

Il doit être ivoire, plus chic que le blanc. Sa matière doit être noble, naturelle et résister aux tâches. Après deux années de travail, le jean de polo est abouti. Sa coupe sublime la silhouette et permet tous les mouvements dont le corps est capable.

La quête de confort est depuis toujours le moteur de grandes inventions.

Il y a près de 3000 ans, dans les plaines Sino-Mongoles, des hommes visionnaires inventaient le pantalon pour pouvoir monter les chevaux qu’ils avaient domestiqués. Le confort de cette tenue fit d’eux les meilleurs cavaliers du monde et de leur peuple le plus grand conquérant d’Asie Centrale. Dans l’Empire des Steppes, ces hommes épris de combat à grande vitesse galopaient libres de tous mouvements. Enivrés par leurs victoires ils inventèrent le tout premier jeu de balle au monde : le polo.